À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, une large coalition d’organisations de la société civile appelle le gouvernement fédéral autrichien à réorienter en profondeur sa politique d’asile et d’immigration. Parmi les signataires figurent notamment la Diakonie Autriche, Caritas Autriche, Amnesty International Autriche ainsi que d’autres organisations de défense des réfugiés et des droits de l’homme. Elles reprochent au gouvernement de restreindre de plus en plus la protection des réfugiés et de contourner ses obligations internationales.
Selon ces organisations, la rhétorique politique est sans rapport avec la réalité sur le terrain. Ainsi, le nombre de demandes d’asile aurait chuté à environ 16 700 en 2025, atteignant ainsi son niveau le plus bas depuis 2020. Le nombre de personnes bénéficiant d’une prise en charge de base se situerait également à un niveau historiquement bas. Pourtant, les durcissements continueraient d’être justifiés par des termes tels que « état d’urgence », « surcharge » ou « sécurité ». Cela « ne correspond pas à la réalité au vu de ces chiffres », indique le communiqué. Au contraire, ces termes serviraient à « légitimer politiquement des durcissements juridiquement contestables ».
Les organisations critiquent en particulier la suspension, depuis l’été 2025, du regroupement familial pour les bénéficiaires d’une protection, les restrictions prévues dans le cadre du pacte de l’UE sur l’asile et la migration, ainsi que les coupes dans les prestations sociales destinées aux bénéficiaires d’une protection subsidiaire. De l’avis des signataires, la loi annoncée sur les obligations d’intégration mise également davantage sur les sanctions que sur une promotion efficace de l’intégration. De plus, une incertitude règne pour les personnes déplacées d’Ukraine, car les prestations sociales essentielles ne sont garanties que jusqu’à fin juin 2026.
L’alliance critique particulièrement vivement les expulsions vers la Syrie et l’Afghanistan, ainsi que les tentatives visant à transférer la responsabilité de la protection à des pays tiers. Selon ces organisations, cela remet en cause le principe international de non-refoulement, selon lequel personne ne doit être renvoyé vers des pays où il risque d’être victime de torture ou de persécution. Parallèlement, elles avertissent qu’une politique de dissuasion n’élimine pas les causes de l’exil et n’empêche pas la migration irrégulière, mais pousse les personnes à emprunter des itinéraires de fuite plus dangereux.
Les organisations adressent donc un catalogue de revendications au gouvernement fédéral autrichien. Elles exigent notamment le respect sans réserve de l’interdiction de la torture, le renoncement aux accords visant à externaliser la responsabilité de protection, une mise en œuvre du pacte européen sur l’asile et la migration conforme aux droits de l’homme, la reprise du regroupement familial ainsi que de meilleures possibilités d’intégration et de participation pour les personnes ayant droit à une protection. En conclusion, les signataires soulignent : « La protection n’est pas un acte de clémence qu’un État accorde ou refuse en fonction du climat politique. La protection est un droit inscrit dans les conventions que l’Autriche a signées. »
