La Fédération de l’Entraide Protestante (FEP) française, membre de l’organisation faîtière paneuropéenne Eurodiaconia, a présenté fin mai à Paris le projet « Femmes Exilées Engagées ». Ce nouveau programme s’adresse spécifiquement aux femmes qui s’engagent en faveur des droits humains, de la participation sociale ou de la société civile et qui sont donc exposées à des dangers dans leur pays d’origine. Il s’appuie sur les couloirs humanitaires existant depuis neuf ans entre le Liban et la France.
Le projet a été présenté le 27 mai à la Maison du Protestantisme à Paris. Il s’agit de la première spécialisation du programme existant de la FEP et de la Fédération protestante de France (FPF), qui permet depuis 2017 aux personnes en quête de protection d’entrer en France de manière sûre et légale. À l’époque, les deux organisations avaient signé, en collaboration avec la Communauté de Sant’Egidio, la Conférence des évêques de France et le Secours Catholique–Caritas France, un accord prévoyant dans un premier temps 500 visas pour des personnes originaires de Syrie et d’Irak bloquées au Liban. Tandis que l’État français fournissait les visas, les organisations participantes se chargeaient de l’accueil, de l’accompagnement et du soutien à l’intégration. L’accord a été prolongé en 2021, puis à nouveau en 2025. Depuis 2017, près de 500 personnes ont ainsi pu rejoindre la France.
Le programme « Femmes Exilées Engagées » vise désormais à permettre l’accueil d’un total de 30 femmes et de leurs familles au cours des trois prochaines années. Le programme s’adresse en particulier aux militantes, aux journalistes et aux dirigeantes d’organisations dont l’engagement public les a mises en danger. Selon le communiqué, le programme a été élaboré en collaboration avec des femmes ayant elles-mêmes vécu l’exil et la fuite. Il ne s’agit pas seulement d’assurer leur protection, mais aussi de permettre aux personnes concernées de poursuivre leur engagement social.
Lors de la présentation du projet, quatre femmes, déjà arrivées en France via d’anciens couloirs humanitaires, ont fait part de leurs expériences. Par leurs témoignages et leurs performances artistiques, elles auraient préparé le public à l’accueil de nouvelles participantes, selon le communiqué. Elles ont souligné : « Nous ne sommes pas des victimes, nous sommes des voix fortes d’espoir. »
Eurodiaconia souligne que ce modèle associe protection et intégration dès le départ. Le soutien comprend un accompagnement juridique et administratif, une aide à l’accès au marché du travail ainsi qu’un accompagnement par des réseaux de la société civile pendant les premières années en France. Le projet répond ainsi aux défis qu’Eurodiaconia a documentés dans le cadre de sa campagne « Faces Behind the Cases ». Celle-ci avait montré, selon le communiqué, que de nombreuses migrantes en Europe continuent de se heurter à des obstacles considérables malgré les objectifs politiques d’intégration.
Selon les organisateurs, les accords prolongés à plusieurs reprises ces dernières années montrent que les couloirs humanitaires peuvent constituer un modèle viable pour la protection, l’accueil et la participation sociale. Le nouveau programme vise à développer cette approche de manière ciblée pour les femmes qui, malgré la persécution et l’exil, continuent de s’engager en faveur des droits humains et du changement social.
