En Suisse, deux tiers (66%) des enfants de moins de 13 ans sont pris en charge par une forme de garde extrafamiliale. Quatre enfants sur dix fréquentent une crèche ou une structure d’accueil parascolaire. Les grands-parents sont souvent sollicités.

 

L’accueil extrafamilial des enfants aide les familles à concilier leurs obligations professionnelles et familiales, comme le montre une récente publication de l’Office fédéral de la statistique qui donne un aperçu du recours aux différentes formes d’accueil extrafamilial et des facteurs qui l’influencent. Elle s’appuie sur les données de l’enquête sur les revenus et les conditions de vie et celles de l’enquête sur les familles et les générations.

Depuis 2020, année à partir de laquelle des données comparables sont disponibles, la part des enfants accueillis dans une crèche ou une structure parascolaire a augmenté de 5 points de pourcentage, passant de 34 à 39% en 2023. La proportion de ceux confiés à une famille de jour n’a pas changé de manière notable.

En Suisse, deux tiers des enfants de moins de 13 ans passent par au moins une forme de garde extrafamiliale pendant une semaine ordinaire: c’est le cas de 70% des moins de 4 ans et de 64% des enfants de 4 à 12 ans. Quatre enfants de moins de 13 ans sur dix (39%) fréquentent une crèche ou une structure d’accueil parascolaire et 6% sont confiés à une famille de jour.Les enfants de moins de 13 ans passent en moyenne 14 heures par semaine dans une forme d’accueil extrafamilial.

Les proches jouent également un rôle important: 31% des enfants sont gardés par les grands-parents au cours d’une semaine ordinaire et 10% par d’autres personnes de l’entourage, par exemple des voisins ou des amis des parents. Les services des nounous, des personnes au pair et des baby-sitters sont relativement peu sollicités (pour 3% des enfants).

Les grands-parents sont surtout sollicités pour les enfants en bas âge: la part des moins de 4 ans qu’ils gardent pendant une semaine ordinaire est de 42%, soit une proportion comparable à celle des jeunes enfants qui vont à la crèche (40%). A noter que les grands-parents sont plus souvent sollicités en Suisse que dans les pays voisins. En 2023, ce mode de garde a été utilisé pour 46% des enfants de moins de 3 ans, contre 8% en Allemagne, 10% en France et 36% en Autriche et en Italie.

C’est dans les régions rurales que la contribution des grands-parents est la plus forte: 47% des familles qui y vivent confient leurs enfants aux grands-parents pendant une semaine ordinaire. Dans les six grandes villes que sont Bâle, Berne, Genève, Lausanne, Winterthour et Zurich, la proportion de familles dont les enfants sont régulièrement gardés par les grands-parents est deux fois moins élevée (26%) que dans les zones rurales.

Mais les parents se tournent également vers d’autres personnes, comme d’autres membres de la parenté, des amis ou des voisins, pour faire garder leurs enfants. Un peu plus d’un dixième des familles comptant des enfants de moins de 13 ans (12%) font appel à ce mode de garde au cours d’une semaine ordinaire.

La part des enfants de 4 à 12 ans qui vont à la crèche ou dans une structure d’accueil parascolaire (école à horaire continu ou garderie) est de 39%. Viennent ensuite les grands-parents, auxquels sont confiés 26% des enfants de cette tranche d’âge. Le recours aux familles de jour se fait à peu près dans les mêmes proportions pour les moins de 4 ans et pour les 4 à 12 ans.

Huit parents sur dix (82%) sont «satisfaits ou très satisfaits» (valeurs de 8 à 101) des prestations des crèches, des structures d’accueil parascolaire et des familles de jour. Un peu moins d’un cinquième se disent moins satisfaits.

La satisfaction est encore bien plus élevée pour ce qui est de la prise en charge des enfants par les grands-parents ou d’autres particuliers (voisins, amis ou baby-sitters, p. ex). Presque tous les parents (93%) qui recourent à ces modes de garde pour leurs enfants en sont «satisfaits ou très satisfaits» et 7% seulement en sont «moyennement, peu ou pas du tout satisfaits».

Les parents d’un dixième des enfants qui vont à la crèche, dans une structure d’accueil parascolaire ou une famille de jour déclaraient au moment de l’enquête ne pas pouvoir recourir à toutes les prestations de garde d’enfants dont ils auraient besoin. Un besoin non couvert principalement pour des raisons financières, l’absence d’offres étant citée un peu moins souvent comme motif.

Les parents de 6% des enfants n’ayant fréquenté ni crèche, ni structure d’accueil parascolaire, ni famille de jour en 2023 auraient par ailleurs eu besoin de recourir à ces prestations. S’ils ne l’ont pas fait, c’est aussi principalement pour des raisons de coût.

En conséquence, les plus fortes proportions de familles qui font garder leurs enfants dans une crèche ou une structure d’accueil parascolaire se trouvent dans les cantons urbains de Genève (71%) et de Bâle-Ville (61%), ainsi que dans les cantons de Vaud (57%) et de Zurich (56%).

La famille de jour, en revanche, est la forme de garde la plus répandue dans les régions rurales, où la part des ménages qui y recourent est de 12%, contre 6% dans les six plus grandes villes.

En Suisse romande, plus de la moitié (55%) des ménages ayant des enfants de moins de 13 ans recourent aux services d’une crèche ou d’une structure d’accueil parascolaire, la part correspondante étant de 41% en Suisse alémanique et de 37% au Tessin. La situation est similaire pour les familles de jour, auxquelles recourent une proportion environ deux fois plus importante de ménages en Suisse romande (17%) qu’en Suisse alémanique et en Suisse italienne (7% dans les deux cas).

A noter encore que les parents recourent plus souvent à l’accueil extrafamilial pour leurs enfants lorsqu’ils vivent dans un ménage monoparental que s’ils sont en couple: 56% des ménages monoparentaux font garder leurs enfants dans une crèche ou une structure d’accueil parascolaire et 14% dans une famille de jour, contre respectivement 43% et 9% des ménages formés d’un couple.