L’Union des étudiants suisses (VSS) constate que La dernière enquête de l’Office fédéral de la statistique sur la situation sociale et économique des étudiants montre que les études en Suisse sont de plus en plus associées à un surmenage psychologique et social. Dans son communiqué de presse, l’UNES évoque une évolution qui aggrave l’inégalité des chances dans l’accès à l’enseignement supérieur. « Étudier en Suisse devient de plus en plus une épreuve sociale et psychologique », indique le communiqué.
Selon le communiqué, 29 % des étudiants souffrent désormais de symptômes de dépression modérée à sévère, contre 23 % en 2020. Les étudiantes sont particulièrement touchées, 36 % d’entre elles déclarant présenter ces symptômes. La proportion est encore plus élevée chez les étudiants qui déclarent avoir des difficultés financières importantes à très importantes : dans ce groupe, 46 % présentent des signes de dépression modérée à sévère.
Selon le VSS, ces chiffres montrent clairement le lien étroit qui existe entre la santé mentale et la situation financière. 72 % des étudiants travaillent parallèlement à leurs études, dont près d’un tiers à plus de 40 %. Dans le même temps, 81 % d’entre eux dépendent du soutien financier de leurs parents, une aide qui tend à diminuer. Les étudiants dont les parents n’ont pas de diplôme universitaire sont particulièrement touchés : 31 % d’entre eux sont confrontés à des difficultés financières, contre 24 % en 2020.
Malgré ces difficultés, seuls 11 % des étudiants bénéficient de bourses ou de prêts, comme le souligne l’association. Cette tendance à la baisse se poursuit et, selon l’UNES, elle est insuffisante pour atténuer les inégalités sociales dans l’enseignement supérieur. Outre une sensibilisation accrue et le développement de services de conseil professionnels en matière de santé mentale dans les universités, l’association demande donc des ajustements dans le domaine des bourses afin que l’accès aux études ne dépende pas du portefeuille des parents.
La coprésidente Julia Bogdan souligne la gravité de la situation. Selon le communiqué, elle constate que de plus en plus d’étudiants atteignent leurs limites financières et psychologiques et que ceux qui étudient aujourd’hui ont besoin, outre de leur talent, avant tout de réserves financières. Sans le soutien de leur famille, ils courent un risque considérable de ne plus pouvoir suivre le rythme sur le plan psychologique et financier. L’UNES demande une révision du concordat sur les bourses d’études avec des critères uniformes et intercantonaux et des obstacles à l’accès moins élevés, ainsi que la mise en œuvre de ces normes minimales dans tous les cantons.
