Le 12 février 2026, le Parlement européen a voté en faveur de l’élaboration d’une stratégie européenne ambitieuse de lutte contre la pauvreté, envoyant ainsi, selon plusieurs alliances de la société civile, un signal clair en matière de politique sociale. L’Alliance européenne pour l’investissement dans l’enfance et Eurodiaconia, l’organisation faîtière paneuropéenne de la diaconie, saluent cette décision et demandent désormais sa mise en œuvre cohérente par la Commission européenne et les États membres.
L’Alliance européenne pour l’investissement dans l’enfance considère l’adoption du rapport d’initiative comme une étape importante. Selon leur déclaration, le rapport place la protection des enfants et la lutte contre la pauvreté infantile « au cœur du projet social et démocratique de l’Europe ». Elles soulignent en particulier la demande du Parlement européen d’un budget spécifique d’au moins 20 milliards d’euros pour la garantie européenne pour l’enfance dans le prochain cadre financier pluriannuel 2028-2034. Ces fonds doivent être mis à disposition par le Fonds social européen plus (FSE+). En outre, les États membres doivent consacrer au moins 5 % de leurs fonds FSE+ à des projets de lutte contre la pauvreté des enfants, voire au moins 10 % dans les pays où les taux de pauvreté et d’exclusion sont supérieurs à la moyenne. Cela correspond « exactement au niveau d’ambition demandé par l’Alliance », selon le communiqué. Environ un enfant sur quatre dans l’UE est touché par la pauvreté ou l’exclusion sociale.
Selon l’Alliance, le rapport établit un lien explicite entre le financement et les questions de gouvernance et de responsabilité. L’utilisation des fonds doit être transparente et garantir la participation des organisations sociales à la planification, à la mise en œuvre et à l’évaluation. En outre, la Commission devrait surveiller la mise en œuvre de la garantie pour les enfants dans le cadre du semestre européen et formuler des recommandations spécifiques à chaque pays si les quotas minimaux ne sont pas respectés.
Eurodiaconia parle également d’un message clair adressé à la Commission. Avec 21 % de la population touchée par la pauvreté ou l’exclusion sociale, la future stratégie doit être globale et ambitieuse. La secrétaire générale Heather Roy a déclaré : « Nous saluons le vote d’aujourd’hui au Parlement. Il appartient désormais à la Commission de présenter une stratégie forte de lutte contre la pauvreté. Et aux États membres de la mettre en œuvre et d’améliorer la situation de millions d’Européens qui souffrent de la pauvreté et de l’exclusion sociale. » L’organisation demande que des ressources financières adéquates soient allouées au niveau européen et national afin que les engagements politiques puissent se traduire par un soutien concret aux personnes concernées.
Le rapport du Parlement met également l’accent sur les investissements dans les services essentiels tels que l’énergie, l’assainissement, l’éducation et les services sociaux et de santé. Il préconise une approche centrée sur l’humain et demande l’intégration structurée des personnes en situation de pauvreté dans les processus politiques. Dans le même temps, Eurodiaconia souligne certaines lacunes : les mesures visant à lutter contre le sans-abrisme n’ont pas été adoptées en plénière, pas plus qu’une directive sur le revenu minimum. Les migrants et les personnes sans statut de séjour régulier ont également été une nouvelle fois exclus des passages centraux.
Malgré ces lacunes, les deux organisations considèrent ce vote comme une étape importante. Il sera désormais décisif de voir si les 20 milliards d’euros annoncés pour la garantie pour les enfants et le renforcement de l’affectation des fonds du FSE+ seront effectivement garantis lors des prochaines négociations budgétaires. Seuls des moyens fiables, protégés et ciblés permettront de lutter efficacement et durablement contre la pauvreté des enfants à l’échelle européenne, selon l’évaluation unanime des acteurs de la société civile.
