À l’occasion de la Journée mondiale contre la traite des êtres humains, le 30 juillet, les Nations unies ont publié une déclaration commune soulignant le lien étroit entre la traite des êtres humains et le crime organisé. Le Groupe de coordination interorganisations contre la traite des personnes (ICAT) a souligné que la traite des êtres humains fait aujourd’hui partie intégrante de la criminalité organisée et constitue une « menace critique pour la sécurité mondiale, la démocratie, la gouvernance et les droits de l’homme », selon le communiqué.
Selon les Nations unies, les femmes et les enfants sont particulièrement touchés par les formes les plus graves d’exploitation, notamment la violence sexuelle et le travail forcé. Un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a montré que 74 % des cas documentés étaient imputables à des réseaux criminels. Ceux-ci utilisent les nouvelles technologies, la corruption et les itinéraires de contrebande existants pour étendre et dissimuler leurs activités.
La déclaration souligne le lien croissant entre la traite des êtres humains et d’autres infractions telles que la cybercriminalité, le trafic d’armes et le financement du terrorisme. Les enfants non accompagnés ou issus de communautés marginalisées ainsi que les femmes, qui sont exposées à des risques supplémentaires en raison des inégalités structurelles entre les sexes, sont particulièrement vulnérables. L’ONU appelle donc à une action globale, sexospécifique et adaptée à l’âge contre la traite des êtres humains et la criminalité organisée, qui englobe la prévention, les poursuites pénales ainsi que la protection et le soutien des victimes.
L’ICAT présente 15 recommandations concrètes, parmi lesquelles le renforcement de la coopération internationale, la lutte contre les flux financiers illicites, la création de voies de migration sûres et de conditions de travail équitables, ainsi que l’application systématique du principe de non-imputation aux victimes des infractions commises sous la contrainte. Les survivants de la traite des êtres humains doivent être activement associés aux décisions politiques et opérationnelles. La déclaration souligne en outre la nécessité de protéger tout particulièrement les enfants en situation de fuite ou de crise et de leur fournir une aide en temps utile.
En conclusion, la déclaration souligne qu’une action résolue et commune de tous les acteurs concernés est nécessaire pour lutter efficacement contre la traite des êtres humains.
