La Confédération lance une stratégie nationale contre le racisme et l’antisémitisme

1 Sep 2025

La conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider présente à Berne une stratégie nationale et appelle à une responsabilité commune et à des actions concrètes.

À Berne, lors de la conférence « Stratégie contre le racisme et l’antisémitisme », la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider a présenté la nouvelle orientation nationale de la Suisse dans la lutte contre la discrimination raciale. La ministre de la Justice a évoqué une réalité sociale à laquelle il faut s’attaquer avec détermination et a rappelé que le racisme touche les habitants des villes, des agglomérations et des campagnes dans leur vie quotidienne. Selon Mme Baume-Schneider, le racisme est une réalité quotidienne en Suisse.

Pour illustrer son propos, la conseillère fédérale a cité des chiffres de la Confédération : selon le rapport 2024 du Service de lutte contre le racisme, 17 % de la population a déclaré avoir été victime de discrimination raciale au cours des cinq dernières années. Le réseau des centres de consultation a recensé plus de 1200 cas, soit une augmentation d’environ 40 % par rapport à l’année précédente. Les causes sont à la fois structurelles et historiques, mais aussi actuelles, comme les tensions géopolitiques. Dans le même temps, on observe une « libération de la parole », c’est-à-dire que davantage de personnes concernées signalent les incidents.

La responsabilité incombe à tous, a souligné Mme Baume-Schneider, à la Confédération, aux cantons et aux communes, ainsi qu’à la société civile, aux médias, aux milieux scientifiques, aux écoles et aux universités, ainsi qu’à l’économie. L’objectif de la stratégie est de coordonner les efforts au niveau national, de donner des orientations aux acteurs et de promouvoir une compréhension commune des défis à relever. La Suisse se dote pour la première fois d’une stratégie nationale contre le racisme et l’antisémitisme. Si les moyens financiers restent limités, le Conseil fédéral envoie néanmoins un signal politique clair contre la polarisation et la brutalisation du discours public.

La conseillère fédérale a présenté un « modèle 4×4 » avec quatre champs d’action et des dimensions transversales. Elle a indirectement expliqué qu’il fallait premièrement améliorer l’observation et les données, deuxièmement protéger les personnes concernées, troisièmement disposer d’institutions autocritiques qui éliminent les mécanismes discriminatoires et quatrièmement agir ensemble par le dialogue, l’éducation, la sensibilisation et les alliances. Le racisme est souvent ancré dans les structures transversales ; en outre, les expériences des personnes concernées doivent être systématiquement prises en compte. La Suisse à laquelle nous aspirons est ouverte, inclusive et surtout juste, où la diversité est considérée comme une force.

La Confédération considère cette stratégie comme un outil de travail pour les niveaux étatiques et la société civile. Un plan d’action national comprenant des mesures quantifiables doit suivre et être actualisé jusqu’à deux fois par an ; une évaluation globale est prévue d’ici 2030. Mme Baume-Schneider a conclu en citant James Baldwin : « On ne peut pas changer tout ce à quoi on est confronté, mais on ne peut rien changer tant qu’on n’y est pas confronté. » Il est temps d’agir, a-t-elle déclaré, appelant tous les responsables à agir ensemble.