La convivialité familiale fait défaut dans les offres d’emploi – une étude allemande révèle d’importantes lacunes

25 Août 2025

Une nouvelle étude de la Fondation Bertelsmann (Allemagne) montre que la liberté de gestion du temps est plus souvent mise en avant que la convivialité familiale dans les offres d'emploi, et que les professions à prédominance masculine sont particulièrement à la traîne en matière d'offres de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.

La fondation allemande Bertelsmann a procédé à une analyse approfondie du marché de l’emploi en ligne et est parvenue à une conclusion sans appel : les entreprises mettent nettement plus souvent en avant la liberté de gestion du temps que la concrétisation de mesures favorables à la famille, tout en formulant des exigences élevées en matière de disponibilité géographique et horaire. Dans une enquête exhaustive portant sur 7,7 millions d’offres d’emploi publiées en 2024, 37,8 % mentionnaient la liberté de gestion du temps, par exemple des horaires flexibles ou modulables. En revanche, les offres favorables à la famille n’apparaissaient que dans 16,4 % des annonces. Les attentes en matière de temps de travail figuraient dans 14,6 % des annonces, les exigences en matière de mobilité dans 7,8 %.

Selon le communiqué, il est frappant de constater à quel point les employeurs mentionnent rarement explicitement la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle : seules 12 % des annonces contiennent un engagement en faveur de la « conciliation » entre vie professionnelle et vie privée ; l’aide à la garde d’enfants n’est proposée que dans 2,7 % des cas. Dans le même temps, 25 % permettent une répartition flexible des heures de travail, mais seulement 14 % laissent le libre choix du temps de travail. « Le « oui » à la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle est absent de la plupart des offres d’emploi », constate Eric Thode, expert du marché du travail. « Sinon, l’entreprise perd la course aux meilleurs talents, qu’ils soient hommes ou femmes. »

Les différences entre les secteurs professionnels sont frappantes. Dans les professions à prédominance féminine, les employeurs proposent plus souvent des horaires flexibles (24 %), alors que cette option n’apparaît que dans 7 % des annonces dans les professions à prédominance masculine. Dans le même temps, les secteurs à prédominance masculine imposent des exigences plus élevées en matière de temps de travail (18,6 % contre 13,9 % dans les professions à prédominance féminine) et exigent plus souvent une flexibilité géographique (9,3 % contre 3,3 %). Cela réduirait la probabilité que les femmes postulent à ces emplois et rendrait plus difficile pour les hommes de travailler à temps partiel pendant les périodes où ils ont davantage de responsabilités familiales, selon le rapport.

Une tendance claire se dessine également en fonction du niveau d’exigence. Pour les emplois de niveau expert (par exemple, master), les éléments favorables à la famille sont plus souvent cités que pour les emplois d’assistant (21,4 % contre 11,2 %). Dans le même temps, les attentes en matière de mobilité géographique augmentent aux échelons supérieurs ; en ce qui concerne la flexibilité des horaires de travail, les experts arrivent en tête avec 33 %, tandis que les assistants (14 %) et les spécialistes (20 %) suivent. « Les employés peu ou moyennement qualifiés sont clairement désavantagés », explique Michaela Hermann, co-auteure de l’étude. De telles offres, également destinées aux aides et aux travailleurs qualifiés, constituent un levier pour attirer et fidéliser les employés.

L’étude est basée sur une analyse textuelle méthodologiquement validée (modèle « Family Compatibility ») de la Fondation Bertelsmann (Allemagne) à partir des données du Jobmonitor et du fournisseur Textkernel. Outre l’enquête exhaustive de 2024, un échantillon représentatif d’environ 9,79 millions d’annonces publiées entre 2018 et 2024 a été examiné. Les auteurs estiment qu’il est du devoir des entreprises d’offrir une véritable liberté dans l’organisation du temps de travail et une politique favorable à la famille à tous les niveaux de qualification, et de le communiquer clairement dans leurs annonces, notamment dans les secteurs à prédominance masculine.