La démence touche souvent les femmes à double titre : selon Alzheimer Suisse, elles sont plus fréquemment elles-mêmes atteintes et assurent en même temps une part supérieure à la moyenne de l’accompagnement et des soins de proches. Les femmes constituent également la majorité des personnes employées dans les professions de la santé et des soins. Cette mise en perspective intervient à l’occasion de la Journée mondiale Alzheimer du 21 septembre.
Selon Alzheimer Suisse, environ 166’300 personnes vivent actuellement avec une démence en Suisse ; près des deux tiers sont des femmes. L’espérance de vie plus élevée des femmes n’explique pas à elle seule cette différence. Les conditions sanitaires et sociales au cours de la vie jouent également un rôle.
Selon l’organisation, celles-ci comprennent les parcours de formation, le travail d’accompagnement non rémunéré, le stress durable, les maladies cardiovasculaires et les inégalités financières. Ces influences agissent souvent durant de nombreuses années. La santé du cerveau ne se façonne donc pas seulement à un âge avancé.
Une partie des facteurs de risque connus de la démence peut être influencée. Alzheimer Suisse cite notamment un mode de vie sain, le traitement des maladies cardiovasculaires, l’activité physique, les contacts sociaux et une bonne audition, qui pourraient réduire le risque ou retarder le début de la maladie.
L’organisation souligne en même temps que la démence n’est pas un sujet exclusivement féminin : les hommes sont eux aussi concernés, en tant que personnes malades et proches aidants. Néanmoins, les femmes continuent d’accomplir nettement davantage de travail domestique et d’accompagnement en Suisse. Selon Alzheimer Suisse, des conditions-cadres sont donc nécessaires afin de mieux concilier l’accompagnement de proches et l’activité professionnelle.
Chaque année, plus de 35’800 nouveaux cas s’ajoutent en Suisse, selon le communiqué. En moyenne, une à trois personnes proches sont concernées dans chaque cas. Pour les offres diaconales et sociales, cela souligne l’importance de conseils précoces et facilement accessibles, ainsi que de possibilités de relève pour les proches.
La démence engendrerait en Suisse des coûts estimés à 11,8 milliards de francs par an, selon Alzheimer Suisse. Environ 5,5 milliards de francs de ce montant correspondraient aux prestations fournies par les proches aidants, parmi lesquels les femmes sont surreprésentées. Alzheimer Suisse demande donc une prise en charge de la démence adaptée aux besoins dans toute la Suisse, ainsi qu’un renforcement de la prévention et de la détection précoce.
