La prise en charge précoce des enfants favorise la réussite scolaire, en particulier chez les garçons et les enfants issus de l’immigration

29 Mai 2026

Une nouvelle étude suisse montre que le développement des structures d'accueil extrafamilial peut réduire le risque de redoublement et atténuer les inégalités en matière d'éducation.

Le développement de l’accueil extra-familial en Suisse a un effet positif sur la réussite scolaire future des enfants. C’est la conclusion d’une étude récente menée par Ramona Schnorf et Stefan C. Wolter, qui examine les effets de l’éducation et de l’accueil de la petite enfance sur le parcours scolaire des premières années.

Cette étude s’appuie sur le programme fédéral de promotion des places d’accueil en vigueur depuis 2003.

Au cours des 22 dernières années, environ 79 500 nouvelles places d’accueil ont ainsi été créées. Les chercheurs ont utilisé ce développement comme une sorte d’expérience naturelle pour analyser le lien entre l’accueil précoce des enfants et la réussite scolaire ultérieure.

Pour cette étude, les données de plus de 68 000 élèves de toute la Suisse ont été analysées. La question centrale était de savoir si les enfants avaient pu suivre leur parcours scolaire sans redoubler de classe au cours des premières années de l’école maternelle et primaire. Les résultats montrent que les enfants issus de communes ayant bénéficié de l’extension des offres d’accueil ont moins souvent dû redoubler une classe. Les auteurs évoquent un lien de causalité entre l’extension de l’accueil de la petite enfance et un parcours scolaire plus stable.

Ces effets sont particulièrement marqués chez les garçons ainsi que chez les enfants issus de l’immigration. Selon l’étude, les enfants issus de l’immigration bénéficient plus que la moyenne d’un meilleur accès à l’accueil de la petite enfance. Les chercheurs attribuent cela, entre autres, au fait que beaucoup de ces enfants ne parlent pas à la maison la langue qui sera plus tard celle de l’enseignement et que l’accueil extrafamilial peut donc leur apporter des stimuli supplémentaires en matière de langue et de développement. On observe également des effets positifs plus marqués chez les garçons que chez les filles.

L’étude souligne en outre que ces effets positifs se manifestent surtout au cours des premières années de l’école primaire. Alors qu’à l’école enfantine, le développement social et émotionnel est le principal critère pris en compte pour les décisions de passage dans le cycle suivant, ce sont surtout les résultats scolaires qui jouent un rôle à l’école primaire. Selon l’étude, cela suggère que l’accueil de la petite enfance pourrait favoriser en particulier le développement cognitif.

Le Centre suisse de coordination pour la recherche en éducation (CSRE) interprète ces résultats comme une indication que des services d’accueil de la petite enfance de bonne qualité favorisent non seulement la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, mais contribuent également à l’égalité des chances et à la réussite scolaire.