À quatre ans de l’échéance de l’Agenda 2030, la société civile suisse exige du Conseil fédéral qu’il redouble d’efforts pour mettre en œuvre les 17 objectifs de développement durable. Plus de 13 000 personnes ont signé une pétition en ce sens. Cette initiative fait suite au quatrième rapport national suisse, qui sera présenté le 13 juillet 2026 lors du Forum politique de haut niveau des Nations unies à New York.
Selon l’évaluation de la plateforme Agenda 2030, le rapport montre que la Suisse n’est pas en bonne voie pour atteindre de nombreux objectifs. Certes, de légers progrès sont perceptibles dans certains domaines, tels que les énergies renouvelables. Mais dans le même temps, les inégalités sociales et la crise environnementale s’aggravent. Parmi les domaines problématiques, la plateforme cite la consommation durable, la protection du climat et de la biodiversité, la réduction de la pauvreté, le logement abordable, la lutte contre la discrimination et la coopération au développement.
La plateforme reproche au Conseil fédéral de minimiser l’importance politique de l’Agenda 2030 et de ne pas mettre en œuvre de manière cohérente les mesures nécessaires. « La Suisse a le potentiel de jouer un rôle de pionnière au niveau international en investissant dans le développement durable – en tant que garante de la sécurité et de la prospérité. Au lieu de cela, le Conseil fédéral se contente de gérer le statu quo et capitule face aux défis », déclare Rianne Roshier, directrice de la Plateforme Agenda 2030.
Andreas Lustenberger, membre de la direction de Caritas Suisse et représentant de la société civile au sein de la délégation suisse auprès de l’ONU, souligne lui aussi l’importance des objectifs de développement durable pour le pays : « La mise en œuvre de l’Agenda 2030 n’est pas une fin en soi, mais relève de l’intérêt fondamental de la population suisse. »
Par le biais de cette pétition, la société civile réclame un plan d’action crédible assorti de mesures contraignantes et concrètes. Celui-ci doit montrer comment la Suisse entend atteindre ces objectifs d’ici 2030. Parmi les principales revendications figurent une augmentation des moyens consacrés à la coopération internationale à hauteur de 0,7 % du revenu national brut, une stratégie efficace de lutte contre la pauvreté ainsi que la suppression des subventions nuisibles à l’environnement.
En outre, la plateforme réclame un engagement plus fort de la Suisse lors de la conférence sur le climat COP31, qui se tiendra en novembre en Turquie. L’économie circulaire doit être développée, tandis que des normes environnementales et sociales ambitieuses devraient s’appliquer aux entreprises et à la place financière.
La plateforme Agenda 2030 regroupe une cinquantaine d’associations, de fédérations, d’organisations non gouvernementales et de syndicats. La société civile entend également faire valoir ses revendications dans une prise de position sur le rapport national suisse à New York. Selon le communiqué, la Suisse, en tant que l’un des pays les plus riches du monde, doit assumer ses responsabilités et investir davantage dans une transition durable, équitable et tournée vers l’avenir.¹
