Avec l’accord du Conseil des États, l’ancrage légal du droit à une éducation non violente est désormais décidé. Selon un communiqué, Protection de l’enfance Suisse parle d’une avancée historique : après plus de quatre décennies d’engagement politique et social, la protection des enfants est renforcée et les « moyens éducatifs » humiliants sont clairement classés comme de la violence. « La grande incertitude qui régnait dans le domaine de la protection de l’enfance est enfin levée », a déclaré Regula Bernhard Hug, directrice de Protection de l’enfance Suisse. La fondation considère cette décision comme un signal fort pour les enfants, les parents et les éducateurs, et comme un grand succès pour son travail.
Selon le communiqué, la nouvelle loi vise à renforcer la prévention et à développer des offres de conseil et d’aide facilement accessibles pour les enfants, les parents et les professionnels. En effet, environ la moitié des enfants continuent de subir une forme de violence dans le cadre de leur éducation. Selon le communiqué, de nombreux parents n’ont pas recours à des moyens sévères par conviction, mais dans des moments d’épuisement ou de surmenage. Dans le même temps, l’organisation souligne la responsabilité sociale : « L’éducation est une affaire privée, mais la violence envers les enfants ne l’est pas. »
Cette décision couronne un long parcours politique. En 2013 déjà, Yvonne Feri, aujourd’hui présidente du conseil de fondation de Protection de l’enfance Suisse, avait déposé une motion au Parlement, qui avait alors été rejetée. Une nouvelle proposition de Christine Bulliard-Marbach (motion 19.4632) a été approuvée à la majorité par les deux chambres en 2023 ; le Conseil des États a désormais approuvé sa mise en œuvre. Mme Feri souligne l’objectif de la loi en ces termes : « Les enfants méritent la même protection contre la violence que les adultes, y compris dans le cadre de l’éducation. »
La protection des enfants reste une tâche commune, poursuit-elle. La Confédération et les cantons sont tenus de fournir des offres de soutien concrètes et fiables, allant de la prévention au conseil. L’organisation financée par des dons annonce qu’elle lancera pour la dernière fois en octobre sa campagne nationale de prévention « Il y a toujours une alternative à la violence », après huit ans d’existence ; cet engagement spécifique prendra ainsi fin. Dans le même temps, la fondation restera active et continuera à proposer des offres pratiques aux parents, aux professionnels et aux acteurs politiques. « À l’avenir, la responsabilité d’un travail de prévention durable incombera à l’État et à la société », déclare Bernhard Hug.
Kinderschutz Schweiz se décrit comme une fondation indépendante active dans toute la Suisse qui, conformément à la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, s’engage pour que tous les enfants grandissent dans la protection et la dignité. Son travail, fondé sur des bases scientifiques, porte sur les offres de prévention, le travail politique et la sensibilisation. Il s’adresse aux professionnels et aux éducateurs, aux acteurs politiques, aux organisations privées et publiques ainsi qu’au grand public. Il est financé par des collectes de fonds auprès de particuliers, d’entreprises, de fondations et d’institutions publiques.
