Le Conseil fédéral inaugure une exposition itinérante sur les mesures de protection de l’enfance

31 Oct 2025

La Suisse se souvient : le conseiller fédéral Beat Jans a inauguré à Lausanne l'exposition « Placés, vendus, oubliés ? », une étape importante dans le travail de mémoire qui se poursuivra jusqu'en 2028.

L’exposition itinérante « Placés, vendus, oubliés ? Histoire(s) des mesures de protection de l’enfance en Suisse » a été inaugurée le 30 octobre 2025 au Musée historique de Lausanne. Le conseiller fédéral Beat Jans a salué cette exposition comme un élément important de la culture du souvenir. « Nous ne pouvons pas effacer les souffrances et les injustices. Mais nous pouvons les rendre visibles et les reconnaître. Et nous pouvons – nous devons ! – veiller à ce qu’elles ne se reproduisent plus jamais. Cette exposition y contribue de manière importante », a-t-il déclaré dans un communiqué et dans son discours lors du vernissage. Commandée par l’Office fédéral de la justice, l’exposition met en lumière un chapitre sombre de l’histoire récente de la Suisse et donne la parole aux personnes concernées. Elle parcourra la Suisse jusqu’en 2028 ; la première étape à Lausanne durera jusqu’au 15 mars 2026, puis elle se rendra à Lucerne, Schaffhouse, Bellinzone et Berne.

Le contexte historique et le cadre de l’exposition sont largement décrits dans les documents du gouvernement suisse : jusqu’en 1981, des centaines de milliers d’enfants et d’adultes ont été victimes de mesures de protection coercitives et de placements forcés. Ceux qui étaient considérés comme pauvres ou qui ne correspondaient pas aux normes sociales étaient placés dans des foyers ou des familles d’accueil, envoyés travailler dans l’agriculture ou internés dans des institutions. L’État refusait aux personnes concernées et à leurs proches des droits fondamentaux ; beaucoup étaient exposés à l’arbitraire, à la violence et à l’exploitation. Ce n’est qu’en 2010 et 2013 que le Conseil fédéral a officiellement reconnu les injustices subies et présenté ses excuses, ce qui a donné lieu à un vaste processus de réparation et de réconciliation. Ce processus comprend des projets de recherche, des offres de formation et désormais une exposition de plusieurs années qui s’adresse aussi bien au grand public qu’aux écoles.

Dans son discours, M. Jans a souligné la responsabilité de la Confédération, des cantons, des communes, des organisations spécialisées et des institutions privées. Le travail de mémoire est « un processus qui n’est jamais complètement achevé » ; il a également évoqué les progrès réalisés, tels que la réorganisation de la protection des enfants et des adultes et le programme « Se souvenir pour demain ». L’exposition s’appuie sur les témoignages personnels des personnes concernées – par exemple dans les « archives contre l’oubli » – et sur une communication scientifiquement fondée qui incite à la réflexion, au dialogue et à l’action.

Selon le Conseil fédéral, l’inauguration à Lausanne marque une nouvelle étape dans la mise en lumière des injustices commises et la transmission de la mémoire aux générations futures. L’objectif est de garder vivant le souvenir de ces événements afin que de telles violations de la dignité et des droits ne se reproduisent plus.