Avec l’ancrage définitif de l’éducation non violente dans le Code civil (CC), la Suisse crée une base juridique claire à compter du 1er juillet 2026 : la violence physique ou psychologique dans l’éducation n’est plus considérée comme une mesure admissible, mais comme une violence envers les enfants. Une gifle n’est « pas une mesure éducative admissible, mais un acte de violence », indique le communiqué de presse de Protection de l’enfance Suisse du 25 février 2026.
Cela mettrait fin à une longue période d’incertitude. Les punitions physiques telles que les gifles, ainsi que la violence psychologique – comme les cris, les menaces ou le retrait d’affection – ne pourraient plus être minimisées. Des études ont montré que de telles expériences avaient des conséquences négatives sur le développement émotionnel, social et physique des enfants. Ce n’est pas l’intensité d’un acte isolé qui est déterminante, mais le fait que la violence soit utilisée comme moyen d’éducation. En Suisse, près d’un enfant sur deux est toujours victime de violence dans le cadre de son éducation, selon le communiqué.
Regula Bernhard Hug, directrice de Kinderschutz Schweiz, souligne : « L’ancrage de l’éducation non violente dans le CC protège les enfants contre la violence. La grande incertitude qui régnait dans le domaine de la protection de l’enfance est enfin levée », poursuit-elle. Depuis des décennies, la fondation s’engage en faveur d’une éducation non violente ; la date d’ancrage légal est désormais claire. Il s’agit là d’un « signal fort » pour le soutien aux enfants, aux parents et aux tuteurs légaux, et d’un « grand succès » pour l’organisation.
Dans le même temps, Protection de l’enfance Suisse souligne que la loi à elle seule ne suffit pas à opérer un changement social. Elle doit s’accompagner d’un travail de prévention et de sensibilisation ainsi que d’un soutien concret aux parents et aux tuteurs légaux en situation difficile. Pour beaucoup, la signification concrète de l’éducation non violente reste encore floue. À travers des cours pour parents, des offres destinées aux services spécialisés et des manifestations, l’organisation souhaite fournir des repères et renforcer les compétences des professionnels et des éducateurs.
La fondation se montre critique quant au financement : jusqu’à présent, les campagnes de sensibilisation étaient financées par des dons, notamment avec le message « Il y a toujours une alternative à la violence ! ». Avec l’ancrage légal, la responsabilité d’une prévention durable incombe toutefois à la Confédération. Le communiqué déplore vivement que celle-ci ne mette pas à disposition de moyens pour une campagne nationale de sensibilisation.
Protection de l’enfance Suisse est une fondation indépendante de droit privé active dans toute la Suisse. Selon ses propres déclarations, elle s’engage de manière scientifiquement fondée pour la protection et la dignité des enfants au sens de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant.
