L’éducation sans violence est inscrite dans la loi – Protection de l’enfance Suisse appelle désormais à une large campagne de sensibilisation

1 Juil 2026

À compter du 1er juillet, le droit à une éducation sans violence s'appliquera en Suisse. Protection de l'enfance Suisse y voit une avancée majeure, mais appelle à poursuivre le travail de sensibilisation.

Avec l’inscription du droit à une éducation sans violence dans le Code civil suisse, une modification législative entrera en vigueur le 1er juillet 2026, visant à renforcer la protection des enfants et à mieux soutenir les parents confrontés à des situations éducatives difficiles. Selon Protection de l’enfance Suisse, la Suisse établit ainsi pour la première fois expressément que les enfants ont droit à une éducation sans châtiments corporels ni autres formes de traitements humiliants. Parallèlement, les offres de conseil et de soutien facilement accessibles destinées aux familles sont renforcées.

Pour l’organisation suisse de protection de l’enfance, cette modification législative marque l’aboutissement provisoire de plus de 40 ans d’engagement en faveur de l’ancrage légal de l’éducation sans violence. Depuis les premières initiatives politiques au milieu des années 2000, la fondation s’est engagée en faveur de cet objectif par le biais d’offres de prévention, de campagnes de sensibilisation et d’un travail politique, indique le communiqué. La campagne nationale « Il y a toujours une alternative à la violence ! » ainsi que des études scientifiques sur les pratiques éducatives ont également contribué à ancrer ce thème dans la sphère politique et la société.

Malgré les progrès législatifs, la violence éducative reste le lot quotidien de nombreux enfants en Suisse. Une enquête représentative récente montre que près de la moitié des parents déclarent recourir à la violence physique envers leurs enfants. Près d’un enfant sur deux serait ainsi victime de violence physique, et un enfant sur huit de manière régulière. Parmi les formes les plus courantes figurent notamment les fessées, les tiraillements d’oreilles ou les bousculades. La violence psychologique est encore plus fréquente : environ deux tiers des enfants subissent des insultes, des humiliations, des menaces ou d’autres formes de violence psychologique, et un enfant sur quatre en est même victime régulièrement. Un enfant sur dix a régulièrement le sentiment de ne plus être aimé, précise le rapport.

Selon Protection de l’enfance Suisse, de nombreux parents, submergés par les situations stressantes, réagissent différemment de ce qu’ils souhaiteraient. L’organisation enregistre donc de plus en plus de demandes sur sa ligne d’assistance de la part de parents qui réfléchissent à leur propre comportement éducatif et cherchent du soutien. En collaboration avec des spécialistes, des offres de conseil et d’aide adaptées sont proposées.

Dans la perspective de la mise en œuvre de la nouvelle loi, Protection de l’enfance Suisse réclame désormais des mesures supplémentaires. « L’ancrage de l’éducation sans violence est une étape décisive. Pour que cela se traduise par un véritable changement, les parents doivent savoir que cette loi existe et où ils peuvent obtenir de l’aide dans des situations difficiles. Pour cela, il faut désormais une campagne nationale de sensibilisation efficace », déclare Regula Bernhard-Hug dans le communiqué. Le Conseil fédéral a lui-même souligné que des mesures d’accompagnement en matière de sensibilisation étaient décisives pour l’efficacité de la modification législative. Les expériences d’autres pays européens le confirment également.

Parallèlement à la modification de la loi, Protection de l’enfance Suisse élabore, en collaboration avec le réseau « Éducation sans violence », des normes de qualité à l’échelle nationale destinées aux professionnels de l’éducation, de l’accueil, du conseil, de la santé et de la protection de l’enfance. À l’avenir, celles-ci auront pour but d’aider les professionnels à détecter la violence à un stade précoce, à protéger la dignité des enfants et à accompagner les parents en s’appuyant sur leurs ressources. La publication est prévue pour fin août.