Les Églises allemandes veulent une consultation régulière sur le don d’organes

30 Sep 2026

En Allemagne, les Églises souhaitent que les autorités interrogent régulièrement les personnes sur le don d’organes. La décision personnelle resterait libre.

L’Église protestante en Allemagne (EKD) et la Conférence épiscopale allemande se prononcent en faveur d’une évolution du régime allemand de consentement au don d’organes et de tissus. Avant une première délibération au Bundestag, prévue le 24 septembre 2026, elles soutiennent la proposition d’un groupe de parlementaires visant à encourager une décision personnelle et à faciliter sa consignation.

Selon leur communiqué commun, les Églises encouragent expressément le don d’organes comme expression de l’amour du prochain et de la solidarité. Elles évoquent aussi le manque d’organes disponibles. D’après une enquête représentative de l’Institut fédéral pour la santé publique de 2024 citée dans le communiqué, 85 pour cent des personnes interrogées ont une attitude positive envers le don d’organes et de tissus. La prélate Anne Gidion, représentante du Conseil de l’EKD, souligne toutefois qu’une approbation générale ne constitue pas encore un consentement personnel.

Les Églises préconisent concrètement une consultation régulière par les autorités. Lors d’un contact personnel déjà prévu avec l’administration, par exemple à l’occasion du renouvellement d’une carte d’identité après la majorité, les citoyennes et citoyens seraient invités à indiquer s’ils consentent à un don, le refusent ou sont encore indécis. Une décision favorable ou défavorable devrait être inscrite sur place, de façon protégée et avec vérification de l’identité, dans le registre numérique du don d’organes.

Les Églises distinguent cette proposition du régime d’opposition. Celui-ci considère en principe comme donneuses et donneurs toutes les personnes qui ne se sont pas opposées au don de leur vivant. À leurs yeux, il faut au contraire un consentement individuel effectivement exprimé : seule une approbation explicite vaut approbation. La consultation par l’autorité serait obligatoire, tandis que la décision de chaque personne resterait libre.

Le prélat Karl Jüsten, directeur du bureau des évêques allemands à Berlin, souhaite que les personnes soient interrogées régulièrement et directement sur leur disposition au don et puissent consigner aisément leur décision. Cette démarche permettrait, selon lui, de mieux connaître leur volonté réelle et d’accroître le nombre de dons.

Le communiqué indique qu’il n’est pas scientifiquement établi de manière univoque qu’un passage au régime d’opposition augmenterait à lui seul le nombre de dons d’organes. Outre l’approche personnelle, les Églises demandent des moyens d’information et de consignation simples et accessibles, un conseil indépendant ainsi que des structures fiables dans les hôpitaux pratiquant les prélèvements. Une meilleure visibilité des décisions prises pourrait aussi, selon elles, renforcer la confiance dans le système de santé.

Source : communiqué commun de l’EKD et de la Conférence épiscopale allemande du 22 septembre 2026.