Dans la perspective du vote cantonal du 28 septembre 2025, l’Église évangélique du canton de Thurgovie et l’Église catholique romaine de Thurgovie prennent clairement position contre un assouplissement de la loi sur le repos dominical. Au printemps, le Grand Conseil avait approuvé la modification correspondante de la loi à une très faible majorité de 61 voix contre 60. Le projet prévoit d’autoriser davantage d’événements à caractère non religieux lors des grandes fêtes chrétiennes telles que le Vendredi saint, Pâques, la Pentecôte ou Noël. La décision appartient désormais aux électeurs, qui devront se prononcer sur la question de savoir si de tels événements doivent être autorisés plus fréquemment à l’avenir, selon le communiqué.
Les deux Églises nationales soulignent que les jours fériés importants ne sont pas seulement une tradition ecclésiastique, mais font partie du rythme social annuel. Christina Aus der Au, présidente du Conseil de l’Église évangélique du canton de Thurgovie, les qualifie d’« îlots de tranquillité précieux au cours de l’année ». Ils offriraient un espace « de réflexion, de recueillement et de réunion familiale ». Dans une société qui va de plus en plus vite, il est particulièrement important d’avoir des jours « où la vie ralentit consciemment et où le quotidien est interrompu », cite-t-elle textuellement.
Au-delà des cercles religieux, ces jours sont appréciés, poursuit le communiqué. Autoriser des concerts, des événements sportifs ou des manifestations de masse pendant les jours fériés, c’est priver ces derniers de leur caractère particulier et en nier le sens, argue le communiqué. Peu à peu, « les dernières oasis de calme » risquent de disparaître au profit d’une société « en activité permanente ». La loi en vigueur sur les jours de repos garantit que les jours fériés restent des jours de silence, de recueillement et de convivialité. Un assouplissement de cette loi affaiblirait cet ordre et, par conséquent, les fondements culturels. Si l’on renonce une fois à ce calme particulier, il sera difficile de le retrouver, selon le communiqué.
Selon le texte, les conseils ecclésiastiques reconnaissent que des exceptions limitées – par exemple, des événements de moindre envergure dans des salles fermées – pourraient être envisageables. Ils rejettent toutefois toute extension aux grands événements ou à l’espace public. Une telle évolution augmenterait la pression sur les communes et « saperait progressivement » le repos des jours fériés. Le président du Conseil ecclésiastique catholique, Cyrill Bischof, rappelle que les jours fériés sont « un cadeau » qui « nous permet de nous reposer et nous rappelle l’essentiel dans la vie : la foi, la famille et la communauté ». Ceux qui « commercialisent » ces jours « détruisent une partie de notre culture ». La conclusion est donc claire : « C’est pourquoi nous disons non à l’assouplissement de la loi sur les jours de repos. »
La position des deux Églises nationales de Thurgovie à l’approche du vote est donc sans équivoque : elles plaident en faveur de la protection des îlots de repos qui, selon elles, remplissent une fonction sociale au-delà des considérations religieuses, en tant que moments délibérément consacrés à la famille, à la communauté et à l’identité culturelle.
