Comme le montre l’analyse, les mères travaillent nettement plus souvent à temps partiel que les femmes sans enfants. Environ cinq ans après la naissance, le taux d’activité reste certes relativement élevé (84 %), mais le revenu reste nettement réduit. Même chez les mères qui restent sur le marché du travail, la baisse de revenu s’élève toujours à environ 35 %, selon l’évaluation. La réduction du temps de travail est citée comme cause principale.
L’étude montre en outre que cet effet sur le revenu se manifeste avec une intensité similaire, indépendamment du nombre d’enfants ultérieur. Ce n’est qu’au fil du temps que des différences apparaissent : alors que le revenu des mères ayant un seul enfant se redresse partiellement après quelques années, il reste plus longtemps à un niveau inférieur chez les mères ayant plusieurs enfants. Il est frappant de constater que la décision de réduire l’activité professionnelle est souvent prise dès la naissance du premier enfant.
Les répercussions financières ne concernent pas seulement le revenu courant, mais aussi les prestations de l’État. L’allocation de maternité étant liée au revenu professionnel, les prestations sont moins élevées lors des naissances suivantes. Ainsi, lors de la deuxième naissance, les mères perçoivent en moyenne environ un tiers de moins d’indemnités journalières que lors de la première.
Le droit aux prestations du régime des allocations pour perte de gain (APG) diminue également avec le nombre de naissances. Alors qu’environ 89 % des mères y ont droit lors de la première naissance, cette proportion est de 80 % lors de la deuxième naissance et de 72 % lors de la troisième, selon le communiqué.
L’analyse repose sur le recoupement de différentes données issues de registres, notamment le registre de la population STATPOP, les comptes AVS individuels et le registre APG. Ces données permettent de retracer l’évolution des revenus et des droits aux prestations sur plusieurs années. Parallèlement, l’OFAS souligne que les résultats comportent certaines incertitudes, car toutes les conditions d’octroi ne peuvent pas être représentées avec exactitude.
À long terme, les pertes de revenus ont également des répercussions sur la prévoyance vieillesse. En Suisse, les femmes continuent de percevoir des rentes nettement inférieures à celles des hommes, ce qui s’explique notamment par la baisse des revenus professionnels après la maternité. Dans l’ensemble, les résultats montrent que les conséquences économiques de la fondation d’une famille pour les mères sont durables et ont des répercussions structurelles sur la sécurité sociale.
