L’Union des villes suisses réclame davantage de marge de manœuvre pour des villes adaptées au changement climatique

29 Juin 2026

L'Union des villes suisses réclame de meilleures conditions-cadres afin que les villes puissent réagir plus efficacement à la canicule, aux fortes pluies et aux autres conséquences du changement climatique.

Face à la multiplication des vagues de chaleur et à la fréquence accrue des fortes précipitations, l’Union des villes suisses réclame une plus grande marge de manœuvre et un soutien plus fiable pour l’adaptation des villes au changement climatique. Dans une nouvelle prise de position, l’Union expose les mesures que les villes mettent déjà en œuvre aujourd’hui et les conditions politiques et financières qui, selon elle, sont nécessaires pour mieux protéger la population à long terme.

Selon ce communiqué, les villes et les agglomérations sont particulièrement touchées par les conséquences du changement climatique en raison de la forte imperméabilisation des sols, des espaces verts limités et d’une circulation de l’air restreinte. Les répercussions vont des risques sanitaires aux pertes économiques, en passant par des difficultés sociales, car les groupes de population défavorisés souffrent davantage de la chaleur. La prise de position décrit donc des mesures permettant aux villes de protéger leur population contre la chaleur, les fortes précipitations et d’autres conséquences du changement climatique.

L’association souligne que la Suisse s’est déjà réchauffée de 2,9 degrés par rapport à la moyenne préindustrielle, soit nettement plus que la moyenne mondiale. Parallèlement, les vagues de chaleur et les fortes précipitations continuent de s’intensifier. Les villes doivent donc renforcer leur résilience et considérer l’adaptation au changement climatique comme une mission transversale permanente. Cela implique notamment davantage d’espaces verts, la désimperméabilisation des sols, les concepts dits de « ville-éponge », la végétalisation des toitures et des façades, la promotion du refroidissement naturel ainsi qu’un aménagement urbain et une planification des transports adaptés au climat.

Outre les mesures architecturales, la prise de position met également l’accent sur les aspects sociaux et sanitaires. Ainsi, les villes pourraient élaborer des plans d’action contre la chaleur, mettre à disposition des espaces publics frais, apporter un soutien ciblé aux groupes de population vulnérables et sensibiliser la population aux risques liés à la chaleur. Parallèlement, l’association des villes réclame un plan d’action national coordonné contre la chaleur, ainsi que des bases de données et des cartes climatiques harmonisées, afin de pouvoir planifier et hiérarchiser les mesures de manière plus ciblée.

Du point de vue de l’association, les moyens dont disposent actuellement les villes ne sont toutefois pas suffisants. Elle réclame donc une plus grande marge de manœuvre communale en matière de végétalisation, de désimperméabilisation et de développement urbain durable, ainsi que des adaptations des bases légales et des normes. L’Association des villes se prononce également en faveur d’une participation financière accrue de la Confédération et des cantons. À l’instar de la protection contre les crues, il faudrait un mécanisme de financement clairement réglementé pour les mesures de lutte contre la chaleur et le ruissellement de surface. De plus, des investissements dans la recherche, les bases de données ainsi que la formation initiale et continue sont nécessaires pour mettre en œuvre efficacement des solutions adaptées au changement climatique.

L’Union des villes souligne par ailleurs les opportunités offertes par une adaptation climatique cohérente. Les mesures visant à réduire la chaleur et les fortes pluies améliorent non seulement la qualité de vie et de séjour, mais renforcent également la biodiversité, la qualité de l’air ainsi que l’attractivité économique des villes. Une adaptation climatique réussie ne peut toutefois aboutir que si la Confédération, les cantons, les villes ainsi que les milieux économiques, scientifiques et la société civile collaborent étroitement.