Délégué de l’Église évangélique réformée du Valais (EREV), Philippe Cavin est depuis cet été membre du comité de Diaconie Suisse. Il sera consacré diacre le 8 novembre prochain et porte désormais la voix de la Suisse romande à Berne. Entretien avec ce jeune père de famille valaisan, passionné de théologie, de montagne et de communication
Quel a été votre parcours ?
J’ai grandi à Sion en Valais et j’ai fait un apprentissage d’employé de commerce, avant d’entamer des études de théologie, dans les milieux pentecôtistes. J’ai ensuite exercé comme pasteur dans le milieu évangélique à Delémont. De retour en Valais, j’ai exercé en tant que chargé des relations publiques pour l’œuvre chrétienne internationale Wycliffe, engagée dans la traduction de la bible dans les langues maternelles. Parallèlement, un cheminement personnel m’a conduit à me rapprocher de l’Eglise protestante à Martigny.
Quels sont vos engagements actuels ?
Je partage mon temps de travail entre la paroisse du Coude du Rhône Martigny – Saxon et celle de Monthey. J’occupe un ministère axé sur la jeunesse et soutiens divers engagements sociaux de la paroisse comme la pastorale de rue à Martigny. A côté de cela, je suis engagé au niveau de la diaconie de l’Église réformée valaisanne. Enfin, je représente l’EREV au sein de la Conférence et maintenant également au Comité de Diaconie Suisse où je remplace Jacqueline Lavoyer.
Qu’est-ce qui vous a motivé à devenir diacre ?
Dans la diaconie, j’apprécie particulièrement cette ouverture, cette volonté d’aller à la rencontre de l’autre sans attente en retour, si particulière à l’Eglise réformée. J’aime aussi la planification et l’organisation, élaborer une réflexion stratégique pour atteindre des objectifs définis dans des projets. L’engagement auprès des jeunes et des enfants me semble également très important. La dynamique du travail pastoral, que ce soit au niveau des relations avec les paroissiens, de l’accompagnement spirituel ou au niveau de la catéchèse, mais également des actes ecclésiastiques, m’intéresse.
Quel est votre rôle auprès de Diaconie Suisse ?
Le réseautage est un élément important. Il s’agit de rencontrer des personnes qui ont les mêmes préoccupations, d’entendre et de voir ce qui se fait ailleurs. Je présente la particularité d’être proche du terrain et d’apporter une touche de proximité. Enfin, je suis la seule voix romande au comité de Diaconie Suisse et je peux donc y défendre un peu les intérêts de la Suisse romande, apporter le regard de cette partie du pays.
Quels sont selon vous les enjeux pour la diaconie en Suisse romande ?
En Valais, il me semble que l’une des priorités est de développer les communautés bienveillantes, à l’instar de ce qui s’est fait en Suisse alémanique. Il s’agit aussi de développer un travail de diaconie ancré dans la paroisse et dans la communauté paroissiale. A Martigny, la pastorale est vraiment imbriquée dans la paroisse, grâce à un partenariat entre les paroisses catholique et protestante. Selon moi, la diaconie c’est aussi créer des ponts entre les communautés, à savoir les bénéficiaires et les paroisses. Un autre défi est la collaboration avec l’Etat afin de trouver un équilibre entre travail diaconal et social. Le désir des autorités publiques d’améliorer l’engagement social est positif, mais il risque toujours de laisser des personnes de côté. Cependant, la diaconie présente l’avantage d’être une structure libre et flexible pour des bénéficiaires.
Quel est le rôle de la diaconie dans l’Église ?
Le rôle de la diaconie dans l’Église est celui de facilitateur : il s’agit d’ouvrir des horizons à une réalité différente. Je ne suis pas du genre à dire que l’Église doive se réformer. Elle le fait constamment, parfois avec beaucoup de retard, parfois avec de l’avance. La question est plutôt de savoir comment être Église aujourd’hui. C’est une question qui a accompagné l’Église de tout temps. La diaconie et l’Église doivent être à l’écoute et aller à la rencontre de la société. En même temps, la société – qui fonctionne toujours plus rapidement – a également besoin d’espaces de ressourcement. Il s’agit d’offrir des endroits où les gens puissent souffler. L’Église et la foi chrétienne ont justement une réponse crédible à offrir à ce niveau-là. À mes yeux, l’Église et la diaconie proposent des angles de vue différents, mais ne sont pas séparées. La diaconie ne se réduit pas à être le bras actif de l’Église.
Vous êtes aussi passionné de communication
J’ai gardé de mon engagement dans les relations publiques le goût de la communication. On peut me suivre sur Instagram où j’essaye de mettre à profit une petite réflexion par semaine, avec la publication d’un verset accompagné de photographies et de vidéos. L’idée est de témoigner de l’engagement diaconal pour atteindre un maximum de gens.
Pour suivre Philippe Cavin sur les réseaux sociaux :
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