La fondation suisse Schweizer Tafel lance le premier projet pilote national contre le gaspillage alimentaire dans le domaine des produits surgelés. Bien que les produits surgelés soient considérés comme ayant une longue durée de conservation, ils finissent par tonnes dans les poubelles, selon un communiqué. Dans l’industrie agroalimentaire, environ 980 000 tonnes de déchets alimentaires évitables sont produites chaque année en Suisse ; la fondation estime que 5 à 20 % de ces déchets proviennent de produits surgelés, c’est-à-dire de produits « qui sont jetés malgré leur qualité irréprochable ». Cela s’explique par le manque de structures de distribution. Le projet qui vient d’être lancé vise à combler cette lacune et à distribuer systématiquement les produits surgelés « à des institutions sociales appropriées », avec le soutien de Google.org, la branche philanthropique de Google.
« La logistique du surgelé a longtemps été une lacune dans le domaine du sauvetage alimentaire », explique Marc Ingold, directeur général de Schweizer Tafel. Cela s’explique par un manque de structures « sur le dernier kilomètre », alors que de grandes quantités de produits irréprochables finissent à la poubelle. La première opération a donc eu lieu le 18 août 2025 avec un véhicule spécialement équipé ; les livraisons sont destinées à des institutions des cantons d’Argovie et de Zurich. D’autres régions devraient suivre. L’accent est mis dans un premier temps sur les excédents industriels, un domaine à fort potentiel car les marchandises y sont souvent disponibles en grandes quantités, « par exemple des palettes entières ».
La fondation attend du projet pilote sur les produits surgelés des effets mesurables sur la protection du climat et la lutte contre la pauvreté. Aujourd’hui déjà, en sauvant des denrées alimentaires de la poubelle, la Banque alimentaire suisse évite chaque année l’émission de plus de 12 783 tonnes d’équivalent CO₂. En sauvant systématiquement les produits surgelés, l’organisation souhaite renforcer sa contribution à la protection du climat. Dans le même temps, les produits destinés aux institutions sociales doivent faire la différence : les aliments surgelés offrent « une flexibilité de stockage et une consommation à long terme » et aident à pallier les pénuries, ce qui est particulièrement avantageux pour les institutions disposant de ressources limitées, selon le communiqué.
Avec ce projet pilote, Schweizer Tafel lance, selon ses propres déclarations, l’institutionnalisation du sauvetage des produits surgelés. L’objectif est d’étendre progressivement l’offre afin que, à long terme, les plus de 500 institutions sociales déjà approvisionnées puissent bénéficier de livraisons régulières de produits surgelés. La fondation considère cette initiative comme une extension de ses activités existantes dans le domaine de la réduction du gaspillage alimentaire et de la lutte contre la pauvreté en Suisse.
