Ukraine : plus d’un enfant sur trois toujours déplacé

23 Fév 2026

Quatre ans après le début de la guerre, plus de 2,5 millions d'enfants ont été déplacés d'Ukraine. L'UNICEF met en garde contre la violence persistante, les infrastructures détruites et le désespoir croissant chez les jeunes.

Quatre ans après le début de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, la situation des enfants reste dramatique. À l’aube de la cinquième année de guerre, plus de 2,5 millions d’enfants ont encore été déplacés d’Ukraine, soit plus d’un tiers de tous les enfants du pays. Environ 791 000 enfants vivent en tant que personnes déplacées à l’intérieur de l’Ukraine, et près de 1,8 million se trouvent à l’étranger en tant que réfugiés.

Pour de nombreux enfants touchés, la guerre est omniprésente, même loin des lignes de front. « Quatre ans après le début de cette guerre implacable, un enfant sur trois est toujours déplacé », déclare Regina De Dominicis, directrice régionale de l’UNICEF pour l’Europe et l’Asie centrale. « À bien des égards, la guerre suit ces enfants. » Les attaques répétées contre des zones civiles perturbent les services essentiels et rendent difficile l’accès à la protection, à l’éducation et aux services de santé.

De nombreux enfants ont dû fuir à plusieurs reprises. Une enquête menée par l’UNICEF montre que parmi les jeunes déplacés âgés de 15 à 19 ans, un enfant sur trois a dû déménager au moins deux fois. Le manque de sécurité a été cité comme la raison la plus fréquente de la fuite.

Depuis le 24 février 2022, plus de 3 200 enfants ont été tués ou blessés par des bombardements, notamment des attaques à longue portée intensifiées. L’année dernière, le nombre d’enfants touchés a augmenté de 10 % par rapport à 2024. C’est la troisième année consécutive que le nombre de victimes parmi les enfants confirmé par les Nations unies est en hausse.

Les infrastructures civiles sont gravement endommagées. Plus de 1 700 écoles et autres établissements d’enseignement ont été endommagés ou détruits, et un enfant sur trois ne peut plus suivre régulièrement les cours en présentiel. Les récentes attaques contre les infrastructures énergétiques ont contraint des millions d’enfants et de familles à vivre temporairement sans chauffage, électricité ni eau, alors que les températures étaient extrêmement basses. Dans ces conditions, les nourrissons et les jeunes enfants sont particulièrement exposés aux maladies respiratoires et à l’hypothermie. Rien qu’en 2025, près de 200 établissements médicaux ont été endommagés ou détruits.

Outre les dangers physiques, le stress psychologique augmente. La peur constante des attaques, le fait de devoir rester dans des caves et des abris, l’isolement et les contacts sociaux limités pèsent particulièrement sur les jeunes. Une enquête récente montre qu’un jeune sur quatre âgé de 15 à 19 ans perd espoir en l’avenir en Ukraine. L’UNICEF y voit un signe clair du besoin urgent de sécurité, de stabilité et d’investissements dans les services essentiels et les perspectives d’avenir pour les enfants et les jeunes.

En 2025, l’UNICEF, en collaboration avec les autorités locales et des organisations partenaires, a fourni une aide humanitaire à 7 millions de personnes, dont 2,5 millions d’enfants. Dans le cadre de programmes de reconstruction, l’organisation a renforcé, en collaboration avec les autorités nationales et locales, les services sociaux pour environ 9,8 millions de personnes dans tout le pays. Parallèlement, l’UNICEF exige le respect du droit international humanitaire et la protection systématique des enfants et des infrastructures civiles.