Plus de 40 organisations suisses ont publié un manifeste commun en faveur d’une coopération internationale davantage ancrée au niveau local. Ce document se veut un guide pour une nouvelle pratique de la coopération et un appel aux bailleurs de fonds afin qu’ils adaptent les conditions-cadres pour permettre aux partenaires locaux d’assumer davantage de responsabilités.
Ce manifeste a été rédigé à l’issue de consultations avec des organisations locales et des institutions donatrices, et aborde des débats centraux sur les rapports de force dans la coopération internationale. Si le secteur a certes évolué au cours des dernières décennies, des déséquilibres structurels persistent, ce qui rend difficile l’établissement de partenariats sur un pied d’égalité, indique la publication. Les partenariats avec les acteurs locaux sont toutefois indispensables pour permettre un développement durable et renforcer l’autodétermination des communautés. L’ancrage local augmente non seulement l’efficacité des projets, mais renforce également la résilience face aux crises mondiales.
Le manifeste décrit la situation actuelle comme un bouleversement fondamental du système de la coopération internationale. « Nous ne vivons pas une perturbation passagère, mais un tournant », y est-il indiqué. Dans le même temps, les valeurs démocratiques et la marge de manœuvre de la société civile seraient de plus en plus mises sous pression à l’échelle mondiale, tandis que le multilatéralisme perdrait de sa stabilité. Dans ce contexte, une coopération davantage axée sur les droits humains, la responsabilité locale et les partenariats inclusifs serait nécessaire.
L’un des principaux objectifs de l’initiative est de surmonter les déséquilibres de pouvoir existants. Les organisations suisses s’engagent notamment à concevoir davantage les processus décisionnels en collaboration avec des partenaires locaux, à établir des partenariats à long terme et à répartir les ressources de manière plus équitable. De même, les stratégies de communication et de collecte de fonds doivent être réexaminées de manière critique afin d’éviter les représentations stéréotypées ou paternalistes.
En outre, le manifeste souligne l’importance d’un financement fiable. Des modèles de financement flexibles et à long terme sont nécessaires pour donner plus de marge de manœuvre aux organisations locales et réduire les charges bureaucratiques. Parallèlement, l’accès des acteurs locaux aux bailleurs de fonds doit être amélioré.
Enfin, l’appel s’adresse également aux bailleurs de fonds publics et privés. Ceux-ci sont invités à orienter davantage leurs modèles de financement vers des partenariats ancrés localement. Car une société civile forte reste « l’épine dorsale de toute démocratie qui fonctionne ». En conclusion, le manifeste affirme : « Il est temps d’agir. »
