Une alliance en Autriche réclame un financement stable pour l’inclusion professionnelle

8 Mai 2026

Des organisations sociales et des entreprises réclament de meilleures conditions-cadres pour les personnes en situation de handicap sur le marché du travail.

Une alliance nouvellement créée, regroupant des organisations sociales et des entreprises, réclame en Autriche une plus grande participation sociale des personnes en situation de handicap et un financement de l’inclusion professionnelle garanti à long terme. Comme le rapporte l’Église évangélique d’Autriche, la Diakonie autrichienne, Caritas Autriche, Lebenshilfe Autriche ainsi que d’autres organisations ont présenté, en collaboration avec des entreprises, leurs revendications au gouvernement fédéral et aux gouvernements régionaux. La remise de ces revendications a eu lieu le 5 mai, à l’occasion de la Journée européenne de protestation pour l’égalité des personnes handicapées.

La nouvelle « Alliance pour l’inclusion sur le marché du travail – Riches en opportunités », active à l’échelle nationale, réclame notamment un financement stable des offres d’inclusion professionnelle ainsi que la pérennisation du « fonds de compensation ». Ce dernier est considéré comme un instrument central pour le financement de l’assistance professionnelle et d’autres offres de soutien. En outre, l’alliance réclame l’égalité des chances pour les personnes ayant des besoins d’assistance plus importants. L’inclusion professionnelle doit devenir une évidence, selon le communiqué.

Selon la Diakonie autrichienne, les personnes handicapées restent nettement défavorisées sur le marché du travail. Leur taux de chômage est supérieur à la moyenne, tandis que leurs chances d’emploi sont plus faibles. Actuellement, seules 15 % des personnes handicapées en Autriche exercent une activité professionnelle. La transition de l’école ou d’une structure d’accueil de jour vers un emploi ordinaire est souvent particulièrement difficile. Sans accompagnement ciblé, de nombreuses personnes concernées ne parviennent pas à franchir cette étape, indique le communiqué.

Andreas Jesse, président de l’association faîtière Berufliche Inklusion-Austria (« dabei-austria »), a qualifié un marché du travail inclusif de « nécessité économique ». Au lieu de structures spécialisées, il faut des emplois ordinaires. Selon M. Jesse, les programmes existants et les projets de politique du marché du travail montrent que « grâce à un soutien ciblé, la participation au marché du travail primaire est possible – dans l’intérêt des personnes, de l’économie et de la société ».

Philippe Narval, secrétaire général de Lebenshilfe Österreich et co-initiateur de l’alliance, a également souligné l’importance des investissements correspondants. « Chaque euro investi dans la participation professionnelle et la formation professionnelle inclusive crée des opportunités », a déclaré M. Narval selon le communiqué. Les investissements renforcent en outre durablement l’autodétermination ainsi que l’économie et la société.

Caritas Autriche a fait état de désavantages structurels persistants. La secrétaire générale Anna Parr a expliqué que l’Autriche était « encore loin d’un marché du travail inclusif ». Les personnes en situation de handicap restent nettement plus souvent au chômage et sont davantage exposées au risque de pauvreté. Selon Statistik Austria, 21,5 % d’entre elles sont menacées par la pauvreté. Le développement des structures inclusives stagne depuis des années, a critiqué Mme Parr.

Outre un financement garanti, l’alliance réclame également une attention politique accrue portée à l’éducation et à la formation professionnelle inclusives. Le manque de ressources, l’insuffisance de l’assistance scolaire et l’exclusion compliquent l’entrée ultérieure dans la vie active pour de nombreux jeunes en situation de handicap. Par ailleurs, les organisations critiquent le fait que les offres d’inclusion professionnelle destinées aux personnes ayant des besoins d’accompagnement plus importants ne soient disponibles, à ce jour, que dans quatre Länder autrichiens.

Outre la Diakonie autrichienne, Caritas Autriche et Volkshilfe, l’alliance regroupe également l’organisation faîtière Berufliche Inklusion-Austria, KOBV Österreich, ÖZIV et le Zero Project. L’initiative est en outre soutenue par des entreprises de différentes tailles, parmi lesquelles Ikea Autriche, Interspar, la Poste autrichienne AG, Primark, le groupe Rewe et Uniqa.