La proposition a recueilli 298’813 voix contre 139’933. Seules les communes de Trüllikon et de Fischenthal l’ont rejetée. Les établissements psychiatriques et les prisons restent exemptés de cette nouvelle obligation.
Jusqu’à présent, les hôpitaux et les institutions privées du canton de Zurich pouvaient interdire un suicide assisté dans leurs locaux. Dans le cadre d’un suicide assisté, la personne accomplit elle-même l’acte qui entraîne la mort. Il faut notamment qu’elle soit capable de discernement et qu’elle ait un désir de mourir durable.
La votation fait suite à l’initiative populaire «Autodétermination en fin de vie également dans les homes pour personnes âgées et les établissements médico-sociaux». Le Conseil cantonal a repris la demande et élaboré un contre-projet. Les initiantes et initiants ont alors retiré leur initiative; un référendum a toutefois été lancé contre le contre-projet.
Pour les homes pour personnes âgées et les établissements médico-sociaux, y compris les institutions privées et d’inspiration chrétienne, cette décision concerne directement la manière d’aborder les questions existentielles en fin de vie. Comme rapporté avant la votation, la tension entre l’autodétermination, la ligne directrice propre à chaque institution, ainsi que la charge pesant sur le personnel et les autres résidentes et résidents était au centre des débats. L’obligation d’autoriser ces actes ne signifie pas que le personnel doive y participer.
Le Conseil de l’Église réformée du canton de Zurich avait soutenu le contre-projet et recommandé de voter oui. Selon son appréciation, le texte associe l’autodétermination en fin de vie à la protection des personnes particulièrement vulnérables. L’évêque de Coire Joseph Maria Bonnemain s’était en revanche opposé au projet et avait fondamentalement remis en question le suicide assisté.
Les réactions des partis ont également divergé. Le PS, les Vert’libéraux, les Verts et Le Centre ont salué la décision comme un renforcement de l’autodétermination. L’UDC a regretté le résultat, tout en déclarant l’accepter. Elle a annoncé qu’elle suivrait la mise en œuvre; il faudra notamment clarifier que le personnel ne soit pas tenu de participer.
Pour le travail diaconal et les soins, la tâche demeure dès lors d’accompagner avec soin les personnes en fin de vie tout en protégeant le personnel. La mise en œuvre concrète dans les institutions devra montrer comment celles-ci organiseront les procédures, les entretiens avec les personnes concernées et leurs proches, ainsi que la prise en compte des différentes positions.
