Après 25 ans de négociations, l’accord UE-Mercosur a été adopté sur le plan politique. Brot für die Welt critique les risques graves qu’il comporte pour les droits humains, le climat et le développement économique de l’Amérique du Sud.
Après un quart de siècle de négociations, l’accord UE-Mercosur a été adopté au niveau politique. Selon Brot für die Welt, les ambassadeurs de l’UE à Bruxelles ont approuvé l’accord, de sorte que plus rien ne s’oppose formellement à sa signature par la présidente de la Commission européenne et les États du Mercosur, à savoir le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. Auparavant, les objections de certains États membres de l’UE avaient retardé le processus, mais la voie est désormais libre pour la prochaine étape.
Brot für die Welt réagit à cette décision par de vives critiques. L’accord constitue « un recul pour les droits humains, la protection du climat et l’économie sud-américaine », explique Sven Hilbig, expert commercial de l’organisation allemande Brot für die Welt, selon un communiqué. Il est particulièrement regrettable qu’aucun État membre de l’UE n’ait finalement soulevé d’objections fondamentales. Les préoccupations exprimées concernaient principalement la protection de la compétitivité nationale, mais pas les conséquences pour les populations du Sud. Selon Brot für die Welt, cela montre que les droits humains ne sont toujours pas une priorité dans la politique commerciale européenne.
L’organisation ne s’oppose toutefois pas fondamentalement au commerce international. Brot für die Welt souligne qu’elle ne s’oppose pas à un commerce mondial équitable et durable, mais qu’elle s’engage au contraire en faveur d’un renforcement de la coopération internationale et de relations commerciales équitables. Il est toutefois essentiel de ne pas perdre de vue la durabilité et les droits humains. « Cela revêt une importance capitale, surtout en période de crise mondiale », déclare M. Hilbig, car le manque d’équité aujourd’hui alimente les conflits de demain.
Sur le fond, Brot für die Welt critique en particulier le fait que l’accord interdit largement les restrictions à l’exportation et supprime les droits de douane protecteurs à l’importation. Selon l’organisation, ces mécanismes favorisent le développement de monocultures telles que le soja et l’exploitation minière en Amérique du Sud.
Ces deux activités contribuent de manière significative à la destruction des forêts tropicales et au déplacement des communautés autochtones. En outre, l’accord ne contribue pas à la lutte contre la pauvreté et le chômage dans les pays du Mercosur, mais menace plutôt d’aggraver encore le fossé économique entre l’UE et l’Amérique du Sud. Dans l’ensemble, l’accord est « une lourde hypothèque pour le climat et les droits humains », selon Brot für die Welt.
Dans ce contexte, l’organisation renvoie à une étude approfondie réalisée en collaboration avec Misereor et PowerShift. Celle-ci analyse en détail les risques sociaux, écologiques et humains de l’accord UE-Mercosur et rejette expressément sa ratification.
