Les CSP demandent un minimum vital mieux protégé

17 Sep 2026

Les quatre Centres sociaux protestants (CSP) constatent que la lutte contre la pauvreté en Suisse présente toujours des lacunes. Ils demandent des prestations minimales mieux coordonnées et régulièrement adaptées, ainsi qu’une prise en compte plus complète de la pauvreté et des situations de vie précaires.

Selon le dossier de presse publié le 16 septembre 2026 par les CSP, 8,4 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté en Suisse en 2024. Cela correspond à environ 743’000 personnes. Selon les données citées de l’Office fédéral de la statistique, 16,4 % supplémentaires, soit près de 1,5 million de personnes, étaient exposées au risque de pauvreté. Même l’exercice d’une activité professionnelle ne protège pas toujours : 4,3 % des personnes actives occupées vivaient sous le seuil de pauvreté.

Les prestations sociales réduisent sensiblement la pauvreté, relèvent les CSP. Sans les prestations sous condition de ressources, le taux de pauvreté aurait atteint 16,5 % en 2024, selon les chiffres cités, contre 8,4 % après leur prise en compte. Dans le même temps, de nombreux ménages vivaient juste au-dessus des seuils en vigueur et ne pouvaient guère faire face à des dépenses imprévues.

Les statistiques ne saisissent ces difficultés que partiellement, écrivent les CSP. Leurs services de consultation observent une hausse des demandes d’aide alimentaire, de soutien financier à court terme ainsi que de conseils sociaux et juridiques. En 2025, les quatre organisations ont consacré au total 1,3 million de francs à des aides financières ponctuelles et urgentes. De telles contributions peuvent notamment éviter des arriérés de loyer ou de nouvelles dettes, mais elles ne résolvent pas un budget durablement insuffisant.

Au centre des revendications se trouve le minimum vital, c’est-à-dire le montant censé couvrir les dépenses nécessaires à une vie digne. Selon les CSP, il n’existe pas de minimum vital uniforme en Suisse : les prestations complémentaires à l’AVS et à l’AI, l’aide sociale, le minimum vital au sens du droit des poursuites ainsi que les prestations de soutien dans le domaine de l’asile obéissent à des règles et à des approches différentes. Les montants varient également d’un canton à l’autre.

Selon les CSP, ces différences ont des conséquences concrètes pour les personnes en situation de détresse financière. Pour une personne seule, le forfait mensuel pour l’entretien de base dans l’aide sociale ordinaire est inférieur de 38 % à celui des prestations complémentaires régies par le droit fédéral. Le soutien dans le domaine de l’asile et l’aide d’urgence destinée aux requérantes et requérants d’asile déboutés ou aux sans-papiers sont encore nettement plus bas. Les organisations critiquent le fait que le statut de séjour et le canton de résidence déterminent fortement le montant disponible pour les besoins quotidiens.

Les CSP demandent donc, premièrement, que les prestations minimales soient fondées sur des besoins réels documentés et ne soient pas réduites principalement pour des motifs d’économies. Deuxièmement, ils réclament une harmonisation et une revalorisation des différents systèmes, ainsi qu’une adaptation régulière au coût de la vie. Troisièmement, des données cantonales comparables et des informations sur l’aide privée et d’utilité publique, par exemple l’aide alimentaire, devraient mieux rendre compte de la pauvreté moins visible. Pour le travail diaconal, le dossier souligne l’importance de conseils accessibles et d’une aide à court terme lorsque les prestations publiques n’interviennent pas à temps ou ne suffisent pas.