L’organisation faîtière paneuropéenne Eurodiaconia constate que, malgré des normes d’approvisionnement généralement élevées, il existe toujours des différences territoriales considérables dans l’accès aux services essentiels au sein de l’Union européenne. C’est ce qui ressort du rapport intitulé « Availability of Essential Services: Bridging Territorial Gaps » (Disponibilité des services essentiels : combler les disparités territoriales), publié en décembre 2025. Le rapport examine la situation actuelle, la classe à l’aide d’expériences tirées de la pratique diaconale et formule des recommandations politiques visant à combler les lacunes existantes en matière de services.
Selon le socle européen des droits sociaux, les services essentiels comprennent notamment l’approvisionnement en eau et l’assainissement, l’énergie, les transports publics, les communications numériques et les services financiers. « Toute personne a le droit d’accéder à des services de base de bonne qualité », stipule le principe 20 du socle, auquel le rapport fait explicitement référence. Dans la pratique, cependant, c’est souvent le lieu de résidence qui détermine si ce droit peut être exercé.
Selon le rapport, c’est surtout dans les régions rurales, isolées ou ségréguées que l’on constate un manque d’infrastructures ou un retrait croissant de celles-ci. Ainsi, dans l’ensemble de l’UE, environ 1,7 % de la population ne dispose ni de salle de bain ni de douche dans son logement, et cette proportion est nettement plus élevée chez les personnes menacées de pauvreté. Des lacunes persistent également en matière d’accès aux installations sanitaires, à l’eau potable ou aux agences bancaires. La situation est tout aussi problématique dans le domaine de la mobilité : dans de nombreuses régions, les ménages à faibles revenus doivent effectuer des trajets nettement plus longs pour se rendre à l’école ou aux services de santé en utilisant les transports publics.
Le rapport met également l’accent sur l’approvisionnement énergétique dans le cadre de la transition écologique. Si l’énergie est en principe disponible, les ménages vulnérables, en particulier, manquent d’alternatives abordables et durables. Selon l’analyse, l’introduction de nouveaux instruments de politique climatique, tels que le commerce des droits d’émission pour les bâtiments, pourrait aggraver les inégalités sociales si aucune mesure d’accompagnement n’est prise. Les prestataires de services sociaux eux-mêmes sont également sous pression, car les rénovations énergétiques sont souvent difficilement finançables.
Eurodiaconia souligne également le rôle clé des services sociaux. Ceux-ci agissent souvent comme des « facilitateurs » en aidant les personnes à accéder à d’autres services, par exemple par le biais de conseils, d’accompagnement ou d’aide pratique. Dans le même temps, ces services sont particulièrement touchés par le manque de personnel, l’incertitude du financement et les inégalités régionales, selon le communiqué.
Le rapport appelle l’UE et ses États membres à investir davantage dans les infrastructures et les services sociaux, à améliorer la collecte de données et à mettre en place des instruments de soutien ciblés pour les régions défavorisées. Sans une action coordonnée, les inégalités territoriales risquent de se creuser davantage, avec des conséquences directes sur la participation sociale et la qualité de vie en Europe.
