Dans une nouvelle publication, la Fondation Paul Schiller (Suisse) a pour la première fois examiné de manière systématique le travail mobile auprès des personnes âgées et l’a décrit comme un instrument stratégique de la politique en faveur des personnes âgées. L’étude de Riccardo Pardini, de l’Institut Alter de la Haute école spécialisée bernoise, définit le travail mobile auprès des personnes âgées comme un « nouveau domaine d’activité innovant du travail auprès des personnes âgées » qui établit des relations, informe, communique et met en réseau afin de soutenir les personnes âgées dans leur vie quotidienne. L’objectif est de leur permettre de « vivre le plus longtemps possible de manière autonome chez elles, dans un environnement familier », et de rester socialement intégrées, selon la présentation. L’étude se base sur des entretiens guidés menés auprès de 13 professionnels de terrain.
L’étude situe le travail social mobile auprès des personnes âgées à l’intersection entre l’orientation vers l’espace social, le travail de proximité et l’animation socioculturelle. L’approche mise sur la présence dans les lieux où les personnes âgées se trouvent effectivement – sur les marchés, dans les quartiers, dans les parcs ou dans le cadre d’offres existantes – et y instaure une relation de confiance accessible. « Le travail relationnel est l’alpha et l’oméga du travail social mobile auprès des personnes âgées », explique Remo Hofmann, du centre de quartier Wettstein à Bâle. Des exemples concrets à Aarau, dans la région de Bâle et dans la région du Gantrisch montrent comment le travail de proximité réduit les barrières, favorise la participation et facilite l’accès aux prestations. Maria-Doina Wälty, d’Aarau, explique : « Lorsque je fais trois arrêts en bus, je demande aux gens s’ils connaissent déjà le centre de rencontre. » Peter Mathis résume ainsi son expérience dans la région de Bâle-Campagne : « On ne peut pas aider tout le monde partout. Mais tout le monde devrait au moins savoir qu’il existe un service de conseil de qualité à proximité. »
La fondation souligne la valeur ajoutée de cette approche pour la politique communale en faveur des personnes âgées : le travail social mobile auprès des personnes âgées permet d’atteindre également les personnes isolées, peu mobiles ou défavorisées, sert de passerelle vers les offres existantes et fournit des indications pour le développement des structures. Le rapport recommande d’ancrer le travail social mobile auprès des personnes âgées dans le service public et de garantir des ressources suffisantes pour assurer une présence continue, entretenir les relations et créer des réseaux. « Nous devons être au bon endroit au bon moment », résume Lisa Loretan, du réseau pour les personnes âgées Gantrisch. Une liste de contrôle figurant dans la publication aide les communes, les associations et les organisations à mettre en place et à pérenniser des offres adaptées.
